Maîtrise d’ouvrage : Caen la Mer Habitat
Equipe sélectionnée : Sergison Bates, architects (mandataire) + HBAAT + Richard Klein (Carine Lelièvre) + Courtoisie Urbaine + Atelier Jean Chevalier + Espace Temps + EVP + SAS BECQUART + SAS ETE
Réalisation : 2025
Montant des travaux (estimation) : 13 M € HT
Archives : archives municipales et communautaires Caen la Mer
Perspective : Sergison Bates + HBAAT
L’immeuble Langevin (107 logements de type 3 et 4), situé dans le quartier de la grâce de Dieu à Caen est conçu par les architectes H. Delacroix, A. Bataille, M. Clot, J. Richard et R. Auchapt, à partir de 1957 et mis en oeuvre in situ au début des années 1960. Un temps promis à la démolition, il est le dernier immeuble du quartier (inscrit depuis 2006 dans un programme de renouvellement urbain de grande ampleur), à ne pas avoir subit de réhabilitation récente (réhabilitation Palulos dans les années 1980).
« Comment réinterpréter la figure de l’immeuble de logements au profit d’une nouvelle image architecturale, tout en s’appuyant sur des techniques de rénovation réplicables sur ce type de patrimoine ? » est la question posée aux trois équipes retenues dans le cadre de la consultation internationale « Quartiers de demain », qui a pour ambition de mobiliser l’innovation et l’excellence architecturale, urbaine et paysagère afin de transformer dix quartiers et de capitaliser en faveur de la politique de la ville.
Avec pour objectif de comprendre l’héritage que représentait l’immeuble Langevin, l’étude historique a alimenté la démarche de projet et la posture du groupement sur différents sujets :
– le système constructif Estiot, le développement de la préfabrication lourde,
– le contexte bâti caennais : de la Reconstruction à l’expansion de la ville,
– les architectes du projet : des acteurs du logement préfabriqué de l’après-guerre,
– la plastique des façades : la polychromie architecturale et les autres « compensations » (store, fenêtre, etc.),
– l’entrée dans un nouveau confort : le logement témoin comme démonstration,
– le meuble intégré, un rôle structurant dans l’aménagement du logement et la standardisation du second-œuvre.
Le groupement porté par les architectes Sergison Bates + HBAAT a plaidé pour « une reconnaissance de la valeur de l’existant ».
Ainsi « le projet de transformation s’inscrit dans une démarche de réemploi et de valorisation d’une architecture oubliée et désaimée. En prenant le contrepied de ce désintérêt, il s’agit de saisir une opportunité : celle de révéler le caractère patrimonial de la construction, pour en faire un témoin actif de l’Histoire, et le porteur d’une esthétique et d’un renouveau. Comprendre le système constructif originel, sa logique et sa capacité porteuse permet d’imaginer les scénarios de transformation, tout en intégrant dans le processus de conception l’idée du « faire avec » à toutes les échelles. L’objectif est d’envisager le devenir du bâtiment à partir de ce qu’il est, en révélant l’ingéniosité des architectes, ingénieurs, paysagistes, techniciens et ouvriers qui y ont contribué. La valeur patrimoniale de l’édifice est réelle : la construction n’est pas ordinaire, elle est le témoin d’une époque qui mérite d’être reconnue. La réflexion se veut optimiste et place les habitants au centre de la transformation, pour rendre à l’édifice son échelle humaine – celle d’une habitation ».





